Zurich, le 4 juin 2025 – La demande de travailleurs dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) connaît une hausse significative en Suisse. Jusqu’en 2022, les données ont connu une forte croissance avant de légèrement diminuer. La situation semble désormais se stabiliser, comme le montre le « AI Jobs Barometer 2025 » de PwC Suisse. Depuis 2018, les offres d’emploi liées à l’IA ont été multipliées par dix, passant de 2000 à 20 000 en 2024, soit 1,4 % du marché total.
« Le développement rapide de l’IA générative transforme non seulement des secteurs entiers, mais aussi le monde du travail et les compétences dont les employé-e-s ont besoin pour réussir », affirme Adrian Jones, associé et responsable du personnel chez PwC Suisse. « Les entreprises et leur personnel doivent s’adapter rapidement pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’IA. »
Création d’emploi propulsée par l’IA : des leaders surprenants
En Suisse, les chefs de file de la création d’emploi propulsée sont étonnants. Le nombre d’emplois dans les professions fortement exposées à l’IA a augmenté de 442 % depuis 2019. Les secteurs du commerce des matières premières et de l’agriculture ont connu une hausse remarquable de, respectivement, 1800 % et 800 %, soit bien plus que la moyenne nationale. Cela s’explique par l’importance croissante de l’IA dans l’extraction des ressources naturelles et l’agriculture de précision.
Toutefois, la demande de main-d’œuvre possédant des compétences en IA augmente à un rythme moins soutenu dans des secteurs tels que la finance et l’assurance, l’information et les communications, mais aussi l’hôtellerie. Cette tendance suggère une diminution du recours à l’automatisation dans ces domaines.
Le secteur manufacturier est en plein essor, l’information et la communication reculent
Le secteur manufacturier arrive en tête des offres d’emploi exigeant des compétences spécialisées en IA, avec une part de marché de 14,7 %. Les activités indépendantes, scientifiques et techniques occupent la deuxième place, avec une part de 9,8 %. Dans le secteur de l’information et de la communication, la part des offres d’emploi liées à l’IA a fortement augmenté jusqu’en 2021, mais n’a depuis lors cessé de baisser pour atteindre 4,6 %. Dans les secteurs de la finance, de l’assurance et de l’éducation, la demande de spécialistes de l’IA a augmenté régulièrement, mais à un rythme modéré, pour atteindre 1,7 %.
L’expérience en IA est plus importante que le diplôme universitaire
Les employeurs suisses accordent de plus en plus d’importance à l’expérience en IA plutôt qu’au diplôme universitaire. Pour répondre au besoin croissant de travailleurs qualifiés possédant des compétences en IA, ils sont moins exigeants quant à l’obtention d’un diplôme universitaire, ce critère ayant reculé de 43 % en 2019 à 38 % en 2024. En revanche, pour les professions où l’exposition à l’IA est plus faible, les exigences de qualification augmentent légèrement, passant de 8 % en 2019 à 9 % en 2024.
En général, plus la qualification en IA requise est élevée, plus les exigences sont strictes. Néanmoins, la nécessité de posséder des qualifications formelles a diminué dans tous les domaines professionnels, passant de 43 % en 2019 à 38 % en 2024. Même dans les professions hautement automatisées, un diplôme universitaire est moins souvent exigé de nos jours (36 %, contre 40 % en 2019).
L’IA transforme le monde du travail : les femmes sont plus touchées que les hommes
L’analyse actuelle révèle que l’IA a un impact différent sur les femmes et les hommes partout dans le monde. Dans tous les pays étudiés, les femmes représentent une proportion plus élevée de la main-d’œuvre affectée par l’IA. Par conséquent, elles pourraient faire face à une pression accrue pour s’adapter rapidement aux nouvelles exigences du marché du travail mondial.
« Les entreprises sont prêtes à payer des salaires élevés pour attirer des talents dotés de compétences en IA. Mais celles-ci peuvent rapidement devenir obsolètes. Pour l’éviter, les employeurs doivent investir dans la formation continue et le développement du personnel », déclare Adrian Jones.
À propos de cette étude
Le baromètre de l’emploi lié à l’IA a analysé près d’un milliard d’offres d’emploi et des milliers de rapports d’entreprise sur six continents pour mettre en évidence l’influence de l’IA sur l’emploi, les salaires, les compétences et la productivité. Le baromètre rassemble les données les plus récentes sur l’impact de l’IA, y compris des offres d’emploi et des rapports d’entreprise jusqu’à la fin de l’année 2024. Un emploi est considéré comme « exposé à l’IA » s’il comporte un grand nombre de tâches susceptibles d’être automatisées par l’IA, selon l’« indice d’exposition des emplois à l’IA ».
A propos de PwC
PwC Suisse est le leader de l’audit et du conseil en Suisse. Chez PwC, nous aidons nos clients à instaurer la confiance et à se réinventer afin de transformer les défis en avantages concurrentiels. Nous sommes un réseau axé sur la technologie, soutenu par plus de 370 000 collaborateurs répartis dans 149 pays. Dans les domaines de l'audit et de l'assurance, de la fiscalité et du droit, ainsi que des transactions et du conseil, nous accompagnons nos clients dans le développement et l'accélération d'une dynamique de croissance durable. PwC Suisse compte environ 3'800 collaborateurs et associés et dispose de 13 sites en Suisse ainsi qu'un dans la principauté de Liechtenstein. Pour en savoir plus et pour prendre contact avec nous rendez-vous sur notre site web www.pwc.ch. « PwC » désigne le réseau PwC et/ou une ou plusieurs sociétés affiliées, chacune d’entre elles étant une entité juridique indépendante. Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site web www.pwc.com/structure.
Melanie Loos