Zurich/Davos – La dernière et 29ème édition suisse de l’étude « Global CEO Survey » de PwC montre que seuls 37 % des CEO suisses tablent encore sur une croissance du PIB suisse en 2026, soit deux fois moins que l'année dernière (68 %). Les perspectives de croissance se sont donc considérablement assombries. Les raisons sont multiples : incertitudes géopolitiques croissantes, volatilité macroéconomique et obstacles réglementaires au niveau régional.
Les interrogées sont également moins optimistes quant à la croissance de leur propre entreprise : seul un quart (26 %) s'attendent à une augmentation du chiffre d'affaires au cours des douze prochains mois, ce qui constitue un niveau historiquement bas depuis 2020. Elles sont légèrement plus optimistes pour les trois prochaines années (32 %), mais restent nettement en dessous de la moyenne mondiale (49 %).
Alors qu'un peu moins d'un tiers (31 %) des CEO interrogés s'attendent à une baisse des marges bénéficiaires en raison de la politique douanière américaine, les droits de douane représentent une charge étonnamment faible pour la grande majorité des entreprises suisses interrogées. 59 % d’entre elles ne s'attendent à aucune perte de marges bénéficiaires due aux droits de douane. Dans le même temps, environ deux tiers des personnes interrogées (65 %) indiquent que les risques géopolitiques, y compris les droits de douane, n'auront guère d'influence sur leurs décisions d'investissement au cours de l'année à venir.
« La Suisse se montre résistante face aux droits de douane. Nous sommes beaucoup plus préoccupés par la lenteur de la croissance économique et surtout par les questions fondamentales liées à la manière dont nous gérons les changements technologiques, en particulier l'IA », déclare Gustav Baldinger, CEO de PwC Suisse.
L'IA coûte des emplois – les jeunes actifs sont les plus touchés
Au cœur des préoccupations figure l'intelligence artificielle, moteur de la disruption technologique et des changements sur le marché du travail : 42 % des CEO suisses prévoient une réduction significative des emplois au cours des trois prochaines années, en particulier chez les jeunes entrant dans la vie active. Les employés de niveau intermédiaire seront moins touchés (25 %). En revanche, 76 % des CEO s'attendent à des chiffres stables dans les niveaux hiérarchiques supérieurs – seuls 8 % d’entre eux prévoient une baisse de l'emploi dans ce domaine.
La question la plus importante qui préoccupe les CEO du monde entier, y compris en ce qui concerne l'IA, est de savoir s'ils font avancer la transformation assez rapidement pour suivre le rythme des changements technologiques. Plus de la moitié des CEO en Suisse (54 %) se posent cette question. La moyenne mondiale est nettement inférieure (42 %). La question de savoir si la capacité d'innovation de l'entreprise répondra aux exigences de l'avenir préoccupe également davantage les CEO en Suisse qu'à l'échelle mondiale.
En comparaison mondiale, il est frappant de constater que les entreprises suisses réalisent certes des réductions de coûts similaires grâce à l'IA (55 % contre 49 % dans le monde), mais génèrent nettement moins d'augmentations de chiffre d'affaires (seulement 15 % contre 30 % à l'échelle internationale). Ils sont donc encore à la traîne en matière de monétisation durable de l'IA.
En outre, seules 44 % disposent d'une stratégie claire de transformation de l'IA (51 % au niveau mondial) et seules 26 % parviennent à recruter des experts hautement qualifiés en IA (42 % au niveau mondial). Dans notre pays, l'IA est plus souvent utilisée à des fins de soutien, mais moins pour augmenter directement la demande et le chiffre d'affaires.
Les cyberrisques et les incertitudes mondiales constituent les principaux risques
Avec 28 % des mentions, la cybercriminalité reste la principale menace, un signal d'alarme clair dans un monde de plus en plus numérisé. Les conflits géopolitiques (21 %) et les perturbations technologiques (17 %) ont gagné en importance dans la perception des risques des CEO suisses, ces dernières ayant même bondi de 10 % par rapport à l'année dernière. Cela montre clairement à quel point la pression sur les entreprises locales s'est accrue. Le changement climatique a certes regagné du terrain en tant que facteur de risque par rapport aux trois années précédentes, mais il occupe l'avant-dernière place avec 10 %.
Innovation, résilience et viabilité de l'économie suisse
Pour 44 % des CEO suisses, l'innovation est un facteur de réussite essentiel. Les entreprises dotées de capacités d'innovation bien établies réalisent manifestement un chiffre d'affaires plus élevé avec leurs nouveaux produits et services. Dans le même temps, la tolérance à l'égard des risques liés à l'innovation est nettement plus faible en Suisse (12 %) que la moyenne mondiale (25 %). Cette prudence pourrait devenir un talon d'Achille : seuls 15 % des CEO suisses mettent fin aux projets d'innovation peu performants, contre 24 % à l'échelle mondiale.
La Suisse reste néanmoins un pays leader en matière d'innovation, dont les entreprises parviennent à s'imposer dans un environnement mondial volatil grâce à leur grande capacité d'adaptation et à leur résilience. Pour conserver cette position de leader et poursuivre leur croissance, les entreprises suisses doivent toutefois renforcer leur agilité et leur propension à prendre des risques, notamment en se concentrant davantage sur les opportunités offertes par les mutations technologiques.
« Cela nécessite des simplifications réglementaires afin de rester attractifs en tant que place économique », explique Gustav Baldinger. « La Suisse se trouve à un tournant décisif : seuls ceux qui osent faire le saut vers l'avenir technologique pourront continuer à croître. L'hésitation devient un risque qui affaiblit notre place économique à long terme », estime Baldinger.
À propos de l'étude « Global CEO Survey 2026 »
La 29ème « Global CEO Survey » a été réalisée entre le 30 septembre et le 7 novembre 2025. Au total, 4 454 CEO de 95 pays, dont 81 de Suisse, ont été interrogés en ligne. Les participants suisses proviennent de différents secteurs et entreprises de tailles diverses, 79 % d'entre eux sont cotés en bourse. Vous trouverez les résultats globaux de l'étude ici : http://www.pwc.com/ceosurvey.
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Melanie Loos