Secteur suisse de la construction

Se différencier ou disparaître

Les acteurs suisses de la construction s’expriment sur le marché, la digitalisation et leurs perspectives d’avenir avant et depuis la Covid-19

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Procéder au changement, adopter ce qui a fait ses preuves

Logement, mobilité, commerce, production industrielle, tourisme, sécurité, santé – dans ces domaines et dans de nombreux autres, le secteur suisse de la construction influence notre vie au quotidien. Il se concentre presque exclusivement sur notre pays. Il contribue à environ 15 % du produit intérieur brut. Le bâtiment et le génie civil représentent quelque 330 000 emplois à temps plein. Cela correspond à un tiers de l’ensemble des salariés du secteur industriel.

Cette publication montre très clairement que seuls ceux qui se différencient sortiront vainqueurs. La créativité et l’esprit novateur sont requis. Le secteur de la construction est confronté à un changement de paradigme et s’oriente vers une plus grande différenciation grâce à une coopération en réseau. La digitalisation, plus particulièrement, offre d’intéressantes possibilités à cet égard.

Elle réduit les interfaces, augmente la qualité des processus de planification et de gestion et contribue à réduire les coûts des non-conformités et les temps d’inactivité sur le chantier. La Covid-19 pourrait entraîner la destruction des structures en silos dans le secteur de la construction et la transformation rapide des schémas de pensée rigides.

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Aperçu et perspectives : Ce que nous retenons de l'étude

Près de 90 % des participants à l’étude considèrent que l’absence de différenciation représente l’un des principaux défis. Les conséquences sont une guerre des prix permanente et des marges réduites. En d’autres termes : une grande partie du secteur est soumise à une concurrence féroce. Les faillites régulières montrent que la survie des entreprises est en jeu.

Se différencier, c’est se positionner clairement sur le marché. Cela implique qu’une entreprise doit tracer sa voie,  faire des choix stratégiques et les suivre de manière cohérente. Pour cela, il faut avoir le courage de faire les choses différemment de ses concurrents. Pour cela, il faut être capable de se focaliser sur une activité. Mais il faut également être capable de renoncer. Cela ne peut se faire qu’avec une créativité de tous les instants, une direction ferme et une bonne dose de persévérance. Celui qui donne un positionnement clair à son modèle d’entreprise peut s’établir durablement et améliorer ses marges.

Quiconque souhaite profiter des opportunités qu’offre le marché doit offrir des prix compétitifs. Cela ne veut pas dire qu’il faut « acheter » les commandes en proposant le prix le plus bas, mais qu’il faut savoir quel niveau de prix est acceptable et où sont ses propres limites. Une différenciation et un positionnement clairs offrent une plus grande marge de manœuvre dans les discussions tarifaires et les processus d’appels d’offres, ce qui peut être décisif pour maintenir une marge solide.

Nous sommes curieux de voir comment la digitalisation va influer sur le triptyque « coûts - efficacité – différenciation » dans le secteur de la construction. Les enjeux sont divers : Comment les acteurs exploitent-ils ce potentiel ? Peuvent-ils transformer les nouvelles technologies et ressources numériques en modèles d’affaires innovants et différenciateurs ? Ou les utilisent-ils pour accroître l’efficacité et optimiser les processus et structures de coûts ?

Les technologies et outils numériques sont utilisés depuis des années, que ce soit pour la communication, les soumissions ou le dessin des plans. Mais en numérisant un mauvais processus, il ne s’améliore pas nécessairement. Un point intéressant : notre étude montre qu’à ce jour, ce sont principalement les processus support tels que l’administration et le marketing qui ont été numérisés. La planification intégrée vient en troisième position. Les processus métiers, tels que la mise en œuvre ou l’exploitation, ne viennent qu’ensuite.

Les solutions numériques permettent d’impliquer très tôt tous les acteurs participant à la construction et de procéder à des ajustements dès la phase de réalisation. De cette manière, de nouveaux modèles de coopération intégrée peuvent être créés tout au long de la chaîne de valeur. L’important savoir-faire technique des différentes spécialités de la construction se regroupe. Les ouvrages et leur exploitation ultérieure ne sont plus la somme de prestations individuelles, mais représentent un système complet. Et cela rend possible de nouveaux modèles d’affaires intéressants.

Nouvelles technologies, modèles numériques, matériaux innovants : aucun de ces facteurs n’offre à lui seul une valeur ajoutée. Le facteur décisif est leur utilisation et leur association dans une solution combinée. C’est là que les hommes et leur corps de métier entrent en jeu. Car seuls ceux qui savent orchestrer les instruments peuvent être meilleurs que la concurrence – et donner le ton.

Si une entreprise mobilise tout son potentiel, de l’apprenti et de l’ouvrier au chef de chantier et à la direction, en passant par l’ouvrier spécialisé et le contremaître, pour atteindre un objectif commun, elle réalise des performances élevées, que ce soit en termes d’efficacité, de coûts des non-conformités ou d’innovations. Des modèles de gestion fédéralistes basés sur le respect et la valorisation sont nécessaires. Les nouvelles solutions numériques aident à penser et à agir tout au long de la chaîne de valeur.

Il existe également des approches innovantes dans le domaine des matériaux et des procédés. Celles-ci ont le potentiel de révolutionner le secteur de la construction car elles offrent des réponses aux grandes tendances mondiales (« Megatrends ») telles que le développement durable, l’automatisation ou la numérisation. Peu d’offres sont à ce jour adaptées au grand public, mais les acteurs innovants du marché adoptent une approche audacieuse et cherchent de nouvelles voies pour le futur secteur de la construction.

Du côté de la demande, l’évolution de la mobilité constitue le défi principal qu’il faudra relever demain : les véhicules autonomes seront bientôt une réalité. La conduite autonome modifiera considérablement l’infrastructure routière. Elle diminue l’incertitude que représente le facteur humain et accroît la capacité tout en réduisant le besoin en itinéraires. Par ailleurs, le trafic non motorisé dans les zones urbaines va continuer de s’accroître, notamment en raison de l’augmentation de l’alimentation électrique et des besoins modestes en espace. Des extensions et adaptations de l’infrastructure seront nécessaires tant pour la conduite autonome que pour le trafic non motorisé, ce qui sera particulièrement impactant pour le génie civil.

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Responsable du BIM chez Amstein+Walthert

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Professeur d'architecture et de fabrication numérique à l'ETH Zurich

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