Zurich, le 8 septembre 2026 – La population suisse ne perçoit aucune contradiction entre la responsabilité individuelle et un système de santé qui promeut activement la prévention. C’est ce que révèle un sondage représentatif mené auprès de 1 026 personnes dans le cadre de la nouvelle étude de PwC intitulée « A Strong System at a Turning Point ». Conclusion : le système de santé suisse n’a plus besoin de réformes isolées, mais d’une orientation stratégique commune.
Le système de santé suisse compte parmi les meilleurs au monde. Il offre un large accès aux soins, une haute qualité de prise en charge et bénéficie d’un niveau de confiance élevé. Cependant, il se trouve à un tournant : la demande augmente, le personnel qualifié se fait rare, les coûts pèsent de plus en plus sur les ménages et la numérisation ne progresse que lentement.
De nombreuses réformes ont déjà été lancées, mais leur coordination reste insuffisante. L’étude met donc l’accent sur trois questions et en précise les implications : que doit prendre en charge le système ? Comment renforcer la prévention ? Et comment utiliser les données de santé ?
« Pour garantir la meilleure qualité de soins possible aux patients et patientes, ainsi qu’à l’ensemble de la population, tout en maintenant les coûts à un niveau supportable pour la société, nous devons passer d’une logique de réduction des coûts à une logique de création de valeur durable », explique Maire Walsh, associée et responsable du secteur de la santé chez PwC Suisse.
Accessibilité financière et qualité ne sont pas incompatibles
La population ne considère pas l’accessibilité financière et la qualité comme des alternatives. 53 % des personnes interrogées sont favorables à des modèles de remboursement qui valorisent davantage la qualité et l’utilité. Parallèlement, 69 % exigent un contrôle strict des coûts. Les résultats montrent que le public attend une utilisation rationnelle des ressources existantes, mais aussi des incitations plus fortes en faveur de la qualité, de la prévention et de la viabilité à long terme.
Ancrer davantage la prévention dans le système
Le système de santé suisse excelle dans le traitement des maladies. La prévention, en revanche, n’est pas suffisamment ancrée dans le système : seulement 1,5 % environ des dépenses totales de santé y sont consacrés – l’un des taux les plus faibles de l’OCDE. En 2024, les dépenses de la Suisse en matière de prévention s’élevaient à environ 1,5 milliard de CHF. Or, pour atteindre la moyenne de l’OCDE (3,4 % des dépenses de santé), la Suisse devrait investir environ 1,8 milliard de CHF supplémentaires par an dans des mesures préventives.
La population soutient clairement cette orientation : selon un sondage, 79 % des personnes interrogées souhaitent bénéficier d’offres actives de dépistage et de prévention. 77 % estiment qu’il faut faire davantage pour détecter plus tôt les problèmes de santé. Parallèlement, 72 % considèrent que la responsabilité de sa propre santé incombe en premier lieu à l’individu. Ce n’est donc pas une approche paternaliste qui est attendue, mais des offres accessibles qui encouragent la responsabilité individuelle. Aujourd’hui, toutefois, l’accès à ces services varie d’un canton à l’autre. L’étude constate qu’outre les mesures de prévention, il est crucial d’orienter les incitations sur l’objectif du maintien d’une bonne santé.
Utiliser les données de santé de manière responsable
La population suisse est globalement favorable à une utilisation plus intensive des données de santé, mais exige des mécanismes de protection clairs et une transparence totale. Ainsi, 51 % soutiennent un recours accru aux données dans les domaines des soins, de la recherche et de la planification, tandis que 65 % sont particulièrement favorables à leur utilisation pour la prévention et la planification des soins. Ils considèrent qu’il est essentiel que la protection des données et une gouvernance transparente et fiable soient garanties.
« L’avenir du système de santé suisse ne sera pas déterminé par des réformes isolées, mais par leur orientation commune », souligne Bodo Baumeister, associé et responsable du conseil aux entreprises du Secteur de la santé chez PwC Suisse. « Trois piliers sont essentiels : un financement basé sur la valeur, une prévention soutenue par le système et une infrastructure de données fiable. Ce n’est que lorsque ces domaines seront interconnectés que le système de santé pourra mettre en place des incitations durables, mieux coordonner les soins et garantir la santé de la population à long terme. »
À propos de l’étude
Dans le cadre de cette étude, la littérature spécialisée internationale et suisse, des données publiques eainsi que des analyses comparatives ont été examinées. Par ailleus, 16 entretiens ont été menés avec des experts et expertes du secteur de la santé suisse et un sondage représentatif a été réalisé auprès de 1 026 personnes résidant en Suisse (du 5 au 12 juin 2026).
A propos de PwC
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